TURN OF THE SCREW

Composer: Benjamin Britten

Première: abril 2014
Opera de Lyon

Stage Director: Valentina Carrasco
Set Designer: Carles Berga
Costume Designer: Nidia Tusal
Lighting Designer: Peter van Praet
Video: Woow your life / Fabrice Coton

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VIDEOS

 

PRESS

· WIE UNS DIE OPER DEN WAHNSINN TREIBEN KANN, FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG (15.05.2014) PDF article

· ZURÜCK IN DIE ZUKUNFT, OPERNWELT (15.05.2014) PDF article

· DAS OPERNGLAS (11.05.2014) PDF article

· THE LYON KING, THE SUNDAY TIMES (20.04.2014) PDF article

· THEARTSDESK IN LYON: BRITTEN FÊTED (23.05.2014) PDF article

· OPERA, JUST SAY NOH, SPECTATOR (26.04.2014) PDF article

· BENJAMIN BRITTEN: « MISTER MYSTÈRE, LE FIGARO ET VOUS (07.04.2014) PDF article

· UN «TOUR D’ÉCROU» QUI FILE LA FROUSSE, LIBÉRATION (14.04.2014) PDF article

· HEUREUX COMME BRITTEN À LYON, CLASSICA (28.06.2014) PDF article

· BRITTEN, UNE DIABOLIQUE EFFICACITÉ, LE SOIR (16.04.2014) PDF article

· FRANCE’S FESTIVAL OF BRITTEN, FINANCIAL TIMES (18.04.2014) PDF article

· VERSTÖRENDE INTENSITÄT UND SCHEITERNDE TRÄ UME,DEUTSCHLANDRADIO KULTUR (13.04.2014) PDF article

· UNA PARABOLA PERFETTA, IL GIORNALE DELLA MUSICA (12.04.2014) PDF article

· FESTIVAL BRITTEN (3): LES AUTRES, ALTA MUSICA (27.04.2014) PDF article

· « LE TOUR D’É CROU», UN OPÉRA TOUT EN IMAGES, LE PROGRES (13.04.2014) PDF article

· DOSSIER DE PRESSE · LE TOUR D’ÉCROU · FESTIVAL BRITTEN PDF article

Turning and turning in the widening gyre
The falcon cannot hear the falconer;
Things fall apart; the centre cannot hold;
Mere anarchy is loosed upon the world,
The blood-dimmed tide is loosed,
and everywhere
The ceremony of innocence is drowned;
The best lack all conviction, while the worst
Are full of passionate intensity.

W.B.Yeats, The Second Coming

Le piège de l’innocence

Le piège d’une innocence qui n’aurait jamais existé…
Cette phrase pourrait décrire en toute ambiguïté et le ton du Tour d’écrou, une oeuvre qui suscite bien plus de questions que de réponses.
De quelle histoire s’agit-il ?
De celle de deux enfants innocents qui, coupés du monde et incapables de se défendre, auront été victimes des plus horribles aberrations, tenus au secret par un pacte de silence victorien dont ils ne se seront libérés que par la mort?
Des délires paranoïaques d’une jeune fille issue d’un milieu simple qui, se trouvant pour la première fois face à la sophistication de la riche bourgeoisie, voit s’éveiller en elle sa libido et une forme de messianisme jusque là endormis, et
transforme de simples moulins à vent en redoutables géants, au point de voir des fantômes qui n’existeraient pas?
Des démons créés par la jalousie et l’envie de possession dans l’esprit d’une femme qui finit par écraser ces êtres qui, par leur nature plus complexe, l’émerveillent et à la fois lui échappent?
Ou bien – et cette hypothèse, pour être la plus difficile à concevoir, est peut-être la plus intéressante – s’agit-il de l’histoire de deux enfants corrompus (ne le seraient-ils pas tous?) qui acquiescent et même se réjouissent des rapports que notre morale – toujours plus victorienne que sadienne – qualifierait de répugnants et auquels ils sacrifient l’amour de leur jeune Gouvernante ?
La question sur l’innocence, on le sait, est un thème essentiel dans l’oeuvre de Britten. Ce n’est pas par hasard si le seul moment où l’opéra s’écarte de la narration de Henry James est la scène centrale – et être le centre dans une pièce construite avec une telle rigueur symétrique n’est pas la moindre des choses. Dans cette scène, les fantômes reprennent le refrain d’un poème de Yeats qui nous raconte la fin, ou plutôt la débâcle, de l’innocence. “The ceremony of innocence is drowned”, chantent-ils. Et on se demande si cette innocence n’est pas plutôt une illusion, une sorte de paradis perdu que l’on n’aurait jamais connu, l’innocence n’étant possible que dans l’absence totale de conscience.
Quoi qu’il en soit, cette pièce met en oeuvre un piège terrible. Mais qui tend ce piège à qui? Tout comme Henry James et Benjamin Britten, notre intention et nos efforts visent à ne pas répondre à cette question, laissant le public s’imbiber de ce
climat sombre, angoissant et presque irréel qui traverse la pièce. De mystérieuses cordes, que personne ne semble remarquer, prennent en otage une maison et ses habitants. Comme les fantômes de l’histoire, elles l’envahissent peu à peu, l’emprisonnent. Les voient-ils ? On l’ignore. Comme pour les fantômes, tout le monde se comporte comme si elles n’étaient pas là.

Voici une entente silencieuse. Voici le piège. Voici notre toile d’araignée.

Valentina Carrasco

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