LE GRAND MACABRE

Composer: Ligeti

Première: 2009
La Monnaie de Munt, Brussels
Opera di Roma
English National Opera, London
Festival Adelaide, Australia
Teatro Colón de Buenos Aires
Den Norske Oper, Oslo 2014

Stage Directors: Valentina Carrasco / Àlex Ollé
Set Designer: Alfons Flores
Lighting Designer: Peter Van Praet
Musical Director: Leo Hussain
Video: Franc Aleu
Costume Designer: Lluc Castells

Una puesta en escena singular para una ópera singular. Con música de Ligeti i libreto de Ghelderode, Le Grand Macabre tiene el cuerpo carnal como hilo conductor de una extraordinaria tragedia bufa, en la que las carcajadas se convierten en el único conjuro posible ante el pánico que provoca la muerte.

Valentina Carrasco y Àlex Ollé son los ganadores de la séptima edición del Premio Lírico Teatro Campoamor por su dirección escénica de Le Grand Macabre de György Ligeti.

 
Le Grand Macabre, Diapason d’Or 2013 in DVD Lyrique

 

INTRODUCTION
Un corps croit mourir. La peur lui tenaille les membres, l’immobilise.

Le Grand Macabre nous annonce une fausse fin du monde et nous fait trembler. Mais ce tremblement on ne se fait pas sentir au niveau de la pensée, de l’intellect, mais il va directement aux viscères, qui tourbillonnent et e bousculent de vertige ; à l’estomac qui se referme pour après déborder dans un vomissement d’angoisse ; au sang qui s’entasse comme un troupeau en débandade, pressé d’arriver nulle part, et qui conflue dans la tête pour la faire exploser de déraison…

Quand on pense à la mort, celle ci plane sur notre esprit comme une ombre; mais quand le fin est une réalité proche, c’est le corps qui en prend le relais : la peur de la mort touche à chaque cellule en vie, car ce n’est pas l’âme qui se sent mourir, mais le corps ; car la mort est, surtout un rare privilège du corps, et non de l’esprit.

Ce caractère animal, atavique, instinctif de la criante de la mort nous a fait transposer la scène de Le Grand Macabre au domaine du corps. L’action se déroule dans au grand corps humain qui, comme les créatures de Ghelderode, se croît menacé par une morte ridicule, inexistante. Ce sentiment déchaîne dans ce corps une grande angoisse qui le décompose.

Les personnages de Le Grand Macabre, voyant arriver la fin, se conduisent de la façon la plus absurde, avec le même pathétisme d’un hypocondriaque qui se croît proche à la mort. Or, on pourrait penser à Necrotzar comme une maladie qui se veut mortelle, mais qui s’avère inoffensive : il se fait annoncer douloureux et redoutable comme un cancer, mais qui finit par se dévoiler totalement fade, à peine ennuyeux, comme une flatulence…

ESPACE

Telle qu’on l’a dit, notre espace est un corps à l’intérieur duquel bougent les créatures de Ghelderode. Il s’agit d’un corps qui se croît assiégé par la maladie : se trouve-t-il dans un hôpital, dort-il tout simplement ? Notre grande créature (qui n’est en fait qu’un symbole de nous-mêmes) se laisse parcourir, manipuler, habiter par les personnages de la pièce, et le mal (hypothétique ?) qui affecte ce grand personnage est en même temps le cataclysme qui menace leur existence.

On a conçu comme contexte de ce corps macrocosmique un espace assez depouillé : une grande lampe en haut (peut-être celle des médecins qui examinent Le Grand Malade) fonctionne dans le microcosme comme l’astéroïde qui effraie Astradamors, et qu’il est capable de voir à travers les grands yeux ouverts du malade. Les murs qui l’entourent sont recouverts d’un plastique transparent, comme les cloisons qui divisent les chambres de soins intensifs. Notre Grand Malade est en proie à une crise d’angoisse face à la possibilité de la mort et l’expression de son visage se tord dans un cri de douleur, ou un appel à l’aide.

Au long de la pièce ce corps, dont la texture hyperréaliste nous fait très présente la tension entre la vie et la mort, se détraque et se décompose peu à peu: la tête (qui vole suspendu par trois points, ce qui permet de lui donner un mouvement assez « humain ») descend à terre pour devenir le laboratoire de Astradamors; les bras roulent et se séparent du torse formant des cavités qui cachent le couple d’amoureux ; une jambe, sans peau, nous laisse voir une structure de veines et tendons, qui forment un couloir par lequel défilent les petits personnages… Ce corps, manipulé donc par des figurants qui le font bouger et vivre, devient un vrai cauchemar à la Bosch ou, plus exactement, une vraie Breughellande onirique.

PRESS

· Le Grand Macabre Press PDF article
· Premio especial Teatro Campoamor por la escenografía de Le gran Macabre, Doce notas (December 2012)
· Ópera Actual premia Le Grand Macabre como montaje del año, La Razón (October 2012) PDF article
· Le Grand Macabre acapara los principales premios de la crítica de ópera, El Periódico (October 2012)

  • Tweets