ŒDIPE

Creación de: George Enescu

Estreno: octubre 2011
Teatro de la Monnaie de Bruselas
Teatro Colón de Buenos Aires

Dirección de escena: Valentina Carrasco / Àlex Ollé
Escenografía: Alfons Flores
Iluminación: Peter Van Praet
Vestuario: Lluc Castells
Libreto: Edmond Fleg
Dirección Musical: Leo Hussain
Dirección Coro: Martino Faggiani

Hay un abismo abierto ante nosotros, meros seres humanos finitos,  cuando reconocemos que existe un tiempo elástico y elíptico, que desafía la noción que tenemos sobre la temporalidad del mundo que nos rodea.

 

Le destin poursuit une lignée avec ténacité; s’acharne avec elle. Œdipe est maudit depuis sa naissance, et sa descendance continuera à l’être après sa morte. Les dieux l’ont ainsi voulu. Ou la fatalité. Mais ce n’est pas le même cas pour nous tous? Ne sommes-nous tous prisonniers de ce même pathos duquel nous ne pouvons pas échapper, précisément parce que nous SOMMES ce pathos, parce que ce pathos nous constitue et donne forme à notre existence ? Ne serions-nous pas que ce destin que nous nous forgeons et par lequel nous sommes forgés ?

Pour nous, ce pathos, ce destin, prend la forme d’une argile, d’une boue qui envahit tout comme s’il s’agissait d’une inondation. Cette boue souille l’espace, imprègne les éléments sur scène, baigne les personnages, infiltre l’univers entier jusqu’à ses moelles. On a beau l’essayer, il est impossible de s’en débarrasser. Mais notre tâche (ou celle d’Œdipe) consiste à l’essayer. Et en faisant cela, on ne fait que l’accomplir. Comme quelqu’un qui, cherchant à effacer une tache, la repend partout.

Voilà ce que notre personnage entrevoit vers la fin de son parcours fatidique: il n’y a pas de culpabilité, mais une destinée, qu’il est inutile de fuir, et de l’assumer est un moyen de vaincre du destin: “Parricide! C’est vous les parricides! Moi, je suis innocent! Ma volonté jamais ne fût avec mes crimes. J’ai vaincu le destin!”. Parricide, époux incestueux, frère de ses propres enfants, cause de la peste à Thèbes, chez Œdipe tout crime est involontaire, bien que chaq’un de ses actes contribue à les perpétrer. Mais l’acceptation de cette destinée le met à l’abri de tous les horreurs et le fait transcender: «C’est donc quand je ne suis plus rien que je deviens vraiment un homme» . Œdipe transcende l’inéluctable et cela fait de lui un universel.

C’est à cette universalité à laquelle nous faisons appel lorsque nous dessinons le parcours de notre mise en scène. Œdipe n’appartient à aucune époque en particulier. Il est un absolu, un mythe qui continue à se répéter inlassablement au long de notre histoire. Il traverse le temps de façon tangentielle pour arriver jusqu’à nous, il coexiste avec nous. Dans sa trajectoire, il émerge de tant en tant en forme de référents universels. Ainsi, dans notre mise en scène, on configure un espace atemporel mais jalonné par des allusions à des époques différentes: un portique baroque, la psychanalyse, le fascisme, les catastrophes climatiques, sont à peine insinués, comme des taches délavées sur une toile de fond, et donnent forme à une temporalité flexible, inconditionnée où évolue notre héros.

PRENSA

· La Fura adapta Oedipe amb espectacularitat, el Periódico (octubre 2011) Artículo en PDF
· Ganz schön komplex, dieser Ödipus, DieWelt (octubre 2011) Artículo en PDF
· Clipping Oedipe (2012) Artículo en PDF

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